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J’aime écrire. J’ai toujours aimé écrire. Sur les coins d'une feuille, entre les pages d’un vieux carnet à perdre, d’un carnet tout beau à conserver, sur un clavier, sur mes mains, mes bras. Un peu partout. Souvent j’oublie les écrits. Souvent ils ne sont pas faits pour être lus. Parfois j’écris pour les autres, pour des blogs. J’ai tenu longtemps des blogs. D’ailleurs en voici un nouveau. Un énième, et j’espère toujours que ça soit le bon, celui où je me sente parfaitement bien. Cela fait longtemps que je traîne sur la toile, de petit coin à moi en petit coin à moi, ou à d’autres, en partagé parfois. Et pourtant, bien que le temps passe, j’ai toujours ce malaise d’écrire pour être lue. Un sentiment de ne jamais être assez légitime, d’être ridicule à m’exposer de la sorte. Il y a une multitude de personnes qui font ça bien mieux que moi.
J’ai trop souvent oublié d’écrire. Avant c'était quotidien, tous les jours quelques mots, quelques phrases. J’ai toujours aimé jouer des mots, ils ont une force belle, cruelle, terrible et si douce à la fois. C’est sûrement pour ça que je suis si à cheval sur ceux-ci, que j’aime les prendre comme ils ont été pensés. Peut-être que d’ailleurs je suis trop rigide avec eux, que je ne suis pas assez souple, que je me fige trop avec ceux-ci, voulant sûrement les garder pour moi. J’aime les prendre pour ceux qu’ils sont, ce pourquoi ils ont été faits. Je déteste qu’on les déforme, mais j’adore qu’on les invente.
Pourtant je ne suis pas irréprochable non plus avec eux, souvent je les blesse à coup d’orthographe approximative ou de prononciation hasardeuse. Parait-il que dans un couple rien n’est jamais parfait, il est vrai, alors je fais de mon mieux.
Petit à petit, j’ai oublié comment on faisait pour s’exprimer. J’ai oublié comment m’exprimer. J’ai essayé de me conformer aux lois du vocable quotidien, et j’ai oublié d’écrire. J’ai oublié comment on agençait joliment les mots, pour faire de mirobolantes phrases composant en un paragraphe une merveilleuse symphonie aux voix délicieuses.
Alors ça me manque. Ça me démange. Les articulations de mes doigts, les jonctions de mes phalanges sont rouillées, ne savent plus vraiment comment se plier pour tenir un stylo afin de former des lettres à la graphie souvent imprécise, mais profondément sincère.
Maintenant je reprend le temps, je l’attrape, je m’y attache et j’arrête de le regarder fuir. Je vais recommencer.
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Est-ce que tu aimes écrire ?
As-tu déjà arrêté une passion que tu aimais plus que tout au monde ?
